Vérifié le 12 septembre 2026 sur le service officiel du registre civil portugais — `conservatoria.justica.gov.pt`, Institut des registres et du notariat (IRN), pages « Casamento » et « Processo preliminar de casamento », la première portant la mention « Atualizado em 26-05-2026 ». Les pages sont en portugais.
Ce que le droit portugais appelle un mariage
La définition figure en tête de la page officielle, et elle vaut d'être lue parce qu'elle énonce des obligations, pas seulement un statut :
> Le mariage est un contrat entre deux personnes qui entendent constituer une famille en pleine communion de vie, fondé sur l'égalité des droits et devoirs des époux.
Et la page énumère ces devoirs : respect, fidélité, cohabitation, coopération — obligation de secours et d'aide mutuels, et prise en charge conjointe des responsabilités de la vie familiale — et assistance, c'est-à-dire l'obligation de fournir des aliments et de contribuer aux charges de la vie familiale.
Trois modalités, et l'une concerne directement un mariage religieux
Au moment de déclarer l'intention de se marier, il faut indiquer la modalité choisie. La page en nomme trois :
- le mariage civil ;
- le mariage catholique ;
- le mariage civil sous forme religieuse (civil sob a forma religiosa).
La troisième est celle qui intéresse un couple musulman : elle désigne un mariage célébré selon une forme religieuse et qui produit des effets civils, par opposition à une cérémonie sans portée légale.
Ce que la source ne dit pas, et que nous n'inventons pas : les pages consultées ne précisent ni quelles confessions peuvent célébrer sous cette modalité, ni à quelles conditions, ni quelles formalités s'y ajoutent. C'est une question à poser directement à la conservatória, et elle se pose avant de choisir une date.
Il faut aussi indiquer, dès cette déclaration, le lieu du mariage, le régime de biens, et le jour et l'heure.
Un mois d'avance, six mois pour célébrer
Deux délais, et ils ne servent pas à la même chose.
Après avoir choisi une date, les fiancés doivent organiser leur dossier au moins un mois avant cette date.
Et une fois le mariage autorisé, ils disposent de six mois pour se marier. L'autorisation n'est donc pas un feu vert à durée illimitée.
Le processus peut être engagé à tout moment : il n'y a pas de période d'ouverture.
Cent vingt euros
Le processus et l'enregistrement du mariage coûtent 120 euros.
La page signale des coûts supplémentaires possibles, par exemple pour se marier le week-end ou un jour férié, ou pour établir un accord prénuptial.
Qui peut engager le processus, et en ligne ou non
Le processus peut être engagé par les fiancés eux-mêmes ou par un mandataire qui les représente.
En revanche, la voie en ligne est plus étroite que le guichet. Peuvent l'utiliser :
- les citoyens portugais ;
- les citoyens brésiliens bénéficiant du statut général d'égalité de droits et devoirs prévu par le traité de Porto Seguro ;
à condition d'avoir plus de 18 ans et de disposer d'une Chave Móvel Digital ou d'un Cartão de Cidadão.
Tout le monde peut en revanche engager le processus en personne, dans n'importe quel service du registre civil. C'est le point à retenir pour un couple dont l'un des deux n'est ni portugais ni brésilien.
Comment se déroule la demande en ligne
La page décrit la séquence :
- s'authentifier avec la Chave Móvel Digital ou le Cartão de Cidadão ;
- remplir le formulaire et joindre les documents nécessaires ;
- l'autre fiancé est alors notifié par courriel et doit s'authentifier à son tour pour confirmer la demande ;
- payer dans un délai de 48 heures.
Ce délai de paiement est court et il conditionne la suite.
Les documents demandés
La page en nomme deux séries :
- les documents d'identification des fiancés. Pour les étrangers : l'autorisation de résidence, le passeport ou un document équivalent ;
- la certidão de l'acte de convention anténuptiale, si un tel accord a été conclu — sauf s'il a été passé devant le registre civil lui-même, auquel cas il n'y a rien à produire.
Si les fiancés passent par un mandataire
La procuration doit comporter des pouvoirs spéciaux, et son contenu est imposé :
- l'identification du membre du couple représenté ;
- le régime de biens ;
- la modalité de mariage choisie — civil, catholique ou civil sous forme religieuse.
Elle peut être établie par document authentifié, par instrument public — devant un notaire ou devant un consulat portugais — ou par un document signé par le représenté avec reconnaissance en présence de la signature.
Le passage par un consulat portugais est ce qui rend cette voie utilisable depuis l'étranger.
Les empêchements, tels que la page les liste
Pour que le mariage puisse avoir lieu, les fiancés ne doivent pas :
- avoir moins de 18 ans ;
- présenter une démence notoire, même pendant les intervalles lucides ;
- relever du régime de majeur accompagné, si le tribunal a déclaré un empêchement de se marier ;
- être mariés à d'autres personnes ;
- être parents en ligne directe entre eux — mère, père, fille, fils, grand-mère, grand-père, petite-fille, petit-fils ;
- être parents au deuxième degré de la ligne collatérale entre eux, c'est-à-dire frères et sœurs ;
- avoir un lien de parenté au troisième degré de la ligne collatérale — oncle, tante, neveu, nièce ;
- avoir une affinité en ligne directe entre eux — belle-mère, beau-père, belle-fille, beau-fils ;
- avoir entre eux un lien de tutelle, d'accompagnement de majeur ou d'administration légale de biens ;
- avoir eu entre eux une relation antérieure de responsabilités parentales ;
- avoir été condamnés pour homicide volontaire — comme auteur ou complice — du conjoint de l'un des fiancés, ou attendre un jugement pour de tels faits, même non consommés.
Ce qui se passe ensuite, y compris en cas de refus
Le dossier est analysé par le conservador.
Entre le début du processus et la date du mariage, toute personne peut présenter au service du registre civil des motifs susceptibles d'empêcher le mariage. C'est l'équivalent portugais de l'opposition, et elle est ouverte à quiconque.
Si le processus n'est pas autorisé, les fiancés en sont informés personnellement ou par lettre recommandée — et ils peuvent former un recours contre la décision.
Ce que ce guide ne dit pas
Il décrit la procédure portugaise, telle que l'IRN la publie, et rien de plus. Il ne décrit pas la procédure française qui l'accompagne pour un ressortissant français : le certificat de capacité à mariage, les dix jours de bans et le délai de deux mois du poste consulaire sont traités dans Se marier au Portugal quand on vit en France, et la transcription dans Transcrire un mariage portugais à l'état civil français.
Il ne dit pas non plus quelles confessions peuvent célébrer sous la modalité « civil sous forme religieuse », ni à quelles conditions : la source ne le publie pas, et nous ne le déduisons pas.
Il ne remplace ni la conservatória, ni un notaire, ni un avocat.